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Mardi, 21 Mai 2013

“Ombres et lumières dans une Afrique qui bouge”. Rencontre d’experts au Forum Harambee.

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Le 15 mai dernier et afin de se pencher sur la complexité des problèmes africains,

des experts se sont retrouvés à Rome pour en débattre : “Ombres et lumières dans une Afrique qui bouge” les a convoqués avec Harambee International dans le cadre du forum 2012.

Nous avons trop souvent des nouvelles superficielles et confuses de l’Afrique. Par exemple, le Nigeria où ont eu lieu  récemment des attentats très vite taxés de guerre entre chrétiens et musulmans.
Eugene Ohu, journaliste référent d’Harambee sur place nous rapporte que “le Nigéria est un pays complexe. Aparemment le pays semble connaître un partage égal entre le nord musulman et le sud chrétien. Or ceci n’est qu’une simplification hâtive car un bon nombre d’habitants des États du Nord ( comme par exemple Kaduna, Adamawa et Plateau) est de religion chrétienne.

Le controle, la distribution des richesses et surtout le pétrole sont géres par le gouvernement fédéral et donc par le Président du pays. C’est un point chaud car la distribution de cette richesse n’est pas juste ni égale. On comprend ainsi aisément que tous les États de la nation se battent pour que le Président soit issu de leurs rangs. Par ailleurs, l’Islam tend à ne pas faire la part entre la religion et la politique ce qui le porte à considérer ses adversaires politiques comme des ennemis religieux. Tout cela peut facilement être manipulé par des gens sans scrupules. Là où la pauvreté et l’ignorance sévissent, la réligion devient un instrument de lutte politique. Et c’est dans ce contexte là qu’il faut placer le phénomène Boko Haram”.

À Rome se sont aussi retrouvés Fr. Michael Czerny, co-fondateur de “Africa Jesuit AIDS Network (AJAN)” et Ekeno Augostine S.J qui a collaboré au Projet depuis  2010.
Le problème du  SIDA a été au centre des focalisations médicales occidentales depuis des années. Aujourd’hui on en parle moins souvent et très peu clairement sans doute parce que les avancées contre sont très fortes ou parce que le public occidental s’en est désintéressé.

 “Parler d’avancées ne concerne que l’Europe, en effet, ce langage est imprécis dès qu’on parle de l’Afrique où le drame du Sida n’a pas diminué”, dit Fr. Czerny. “L’Église ne fait qu’apprendre à gérer ce problème en tâchant d’être de plus en plus près des malades et leurs familles, grâce à des structures comme les paroisses, les écoles, les associations catholiques. En effet, la marginalisation de toutes ces personnes est l’un des problèmes collatéraux de la maladie qu’ils ont contractée.
Constituer un réseau d’institutions s’occupant du SIDA permet aussi de former les personnes à la connaissance de la maladie et faire en sorte qu’elles puissent lutter contre l’isolement des malades en leur facilitant l’accès aux structures qui leur offrent les soins médicaux nécessaires”.

 “AJAN travaille depuis 10 ans dans ce sens dans plusieurs pays africains. Nous faisons remarquer que dans la lutte contre le SIDA, le rôle pastoral de l’Église est très important même s’il n’arrête pas les conséquences de la maladie. En effet, il jette les bases pour qu’elle ne se répande pas dans le temps”, explique Ekeno Augostine. “AJAN privilègie une action de type pastoral plutôt qu’une attention exclusivement médicale, basée dans la distribution d’anti-retroviraux, car on doit se dire que l’action pastorale peut garantir à long terme la disparition de la maladie sans intervention extérieure, en s’appuyant sur une prise de conscience en profondeur qui conduira à un changement radical des comportements à la mesure de la réalité sociale africaine”.

Jennifer Gitahi est aussi intervenue pour évoquer son expérience en tant que professeur à  
Strathmore University, au Kenya,  dont la mission particulière “consiste à proposer l’excellence au service de la société en contribuant à l’amélioration des personnes, y compris de plus marginalisées.
C’est dans ce sens que Strathmore s’investit dans des projets de développement qui visent à améliorer la formation et à accompagner les personnes dans la construction d’un avenir à long terme. En effet, pour la plupart des Africains, l’éducation ne veut pas seulement dire instruction mais aussi la possibilité d’apprendre à se projeter dans l’avenir, quelque chose qui ne va pas de soi en Afrique”.

Finalement Stephen Ogongo, journaliste, membre du Comité Culturel Harambee a souligné quelques aspects qui sont à l’origine des tendances des médias lorsqu’ils parlent de l’Afrique en termes de catastrophes.
 “Au-dela des ombres et des lumières, le Continent est en développement, il grandit et en dépit de cela, les nouvelles colportent une vision négative de l’Afrique pour différentes raisons. Tout d’abord parce qu’Afrique elle-même ne communique pas! Les Africains, nous devrions apprendre à communiquer, à rapporter tout ce qui se passe de positif, avec professionnalisme et en profondeur. La plupart des nouvelles sont issues d’agences internationales, peu nombreuses et qui ne sont pas portées à approfondir pour des raisons éditoriales ou d’organisation. Le fait est que c’est toujours le même type de nouvelles qui circule”.

Il faut donc que les Africains eux-mêmes réalisent qu’ils doivent être les acteurs responsables de l’information sur eux-mêmes.



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